Extraits

L’homme : Ah je ne comprends plus rien. Tout le monde m’abandonne. Même toi, Hein ? Tu te moques de moi ? Moi qui t’ai construit une belle villa climatisée, et acheté une voiture luxueuse. Le monde est vraiment méchant et ingrat.

Acteur 1 : Eh ! le camarade membre prie maintenant ? le voleur de la richesse nationale…

Acteur 2 : Le fossoyeur de l’économie nationale…

Acteur 3 : Le menteur, le méchant, l’assassin…

Acteur 4 : Eh, Chef Où sont les Mercedes, les Volvos, les premiers, deuxième, troisième, quatrième bureaux ?
Ensemble :
Ah Ah Ah …

Récitant 1 : Est-ce que vous savez que dans ce pays, pour être dans les instances dirigeantes, il faut être rouge – quels que soient votre niveau d’instruction ou votre compétence - et qu’il faut aussi être proche du chef suprême ou appartenir à son ethnie ?

Récitant 2 : Au cour des grands meetings populaires, ils se désignent souvent responsable du micro, c’est-à-dire celui qui monte ou descend le micro selon la taille de l’orateur, tâche pourtant réservée aux agents de la sécurité d’état. Mais lui, il réussit toujours à convaincre les superviseurs des cérémonies en leur glissant quelques billets de mille francs CFA …

L’homme : Désormais, le portrait du guide éclairé, du maréchal à vie, du chef suprême, doit obligatoirement prendre dans tous les foyers, sur toutes les grandes artères de la capitale, dans les bus et les taxis. Les nouvelles à la radio finiront toujours par une des pensées florissantes du chef éclairé.

Scène de l’interview. Les récitants deviennent les journalistes.

L’homme : Pour répondre à vos questions, disons d’abord que… vous, journalistes de la radio et de la télévision…, vous n’êtes pas là pour informer ou analyser les évènements tels que vous les ressentez. Vous n’êtes que les porte-paroles de la ligne juste, c’est-à-dire les perroquets du parti….

Journaliste : Mais camarade responsable, tous les ministres, les ténors politiques du glorieux parti, tous ont des voitures luxueuses et climatisées.

Journaliste 3 : Donc vous faites partie de la bourgeoisie bureaucratique ?

L’homme : Mais non, celui qui est membre de votre parti unique et historique d’avant-garde est un haut responsable révolutionnaire, et tout ce qu’il possède ne sont que des bases matérielles pour l’aider dan sa tâche.

Journaliste 1 : Vous avez nommé à la tête de toutes les administrations et des services de sécurités des hommes de votre ethnie…

L’hommes : Il est normal que la direction soit assurée par des gens de la région et de l’ethnie du président car, tout comme dans un jardin, certains endroits donnent de meilleurs légumes et de meilleurs fruits que d’autres.

Le Procès du père Likibi

Likibi : Oh vous savez, quand on a vécu aussi longtemps que j’ai vécu, on a tout fait. De récolteur de vin de palme à chasseur de biche. Je suis aussi féticheur.

Le président : Féticheur ? Peuple, écoutez-moi bien ! Ne croyez vous pas que lorsqu’un pays a choisi la voie du progrès, les fétiches n’existent plus ? C’est à cause de gens comme vous Likibi que le pays n’avance pas…