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ENFANTS-SOLDATS ?

Les lignes ci-dessous sont extraites d’un dossier de réflexion et d’études sur les enfants-soldats que nous avons constitué. Nous pouvons vous le communiquer au complet et gratuitement par courriel ou par courrier postal (coût, transport inclus : 18,00 euros)
Nous envoyons gratuitement une version par courrier postal aux enseignants qui se proposent de travailler sur ce thème avec nous, en organisant conjointement les actions que nous proposons

QUELQUES ELEMENTS DANS L’HISTOIRE DES PEUPLES

Faire appel aux enfants pour faire la guerre n’est pas nouveau. Si cette idée fait frémir aujourd’hui, elle a souvent été considérée comme banale dans le passé.

LES RAISONS DU RECRUTEMENT OU DE L’ENGAGEMENT DES ENFANTS DANS L’HISTOIRE, DANS LE PASSE

Pauvreté et abandon social :
Jeunes en délicatesse avec la police ou qui désire vivre l’aventure Exploitation forcée des minorités ou des populations déconsidérées

Comment et pourquoi devient-on enfant-soldat de nos jours ? Qu’est-ce qu’un enfant-soldat ?

Donner une définition précise de l’enfant-soldat est impossible tant leurs situations sont singulières, particulières selon leur pays, leurs fonctions, leurs motivations etc.

Pour essayer de montrer cette diversité, nous proposons quelques témoignages.
Ce sont des témoignages authentiques ou écrits à partir de plusieurs dépositions d’enfants soldats. Nous les avons recueillis dans différentes études, romans ou biographies.
Le travail théâtral que nous présentons, inspiré du roman de Ahmadou Kourouma, qui lui-même l’a écrit après avoir entendu le témoignage d’enfants-soldats somaliens, présente une cause et un mode de recrutement :
Birahima, l’enfant du roman de Kourouma est orphelin et il s’engage « volontairement »pour pouvoir « bouffer tous les jours » comme il le dit. D’autres causes, d’autres formes d’engagement ou de recrutement existent, nous allons en lire quelques-unes :

Les engagements :

Il existe des engagements « volontaires » et des engagements forcés. En effet, dans certains pays le recrutement s’effectue par la force. Un village est attaqué, parfois tous les villageois sont tués et on garde quelques enfants qui sont alors obligés de se battre. Nous devons dire aussi que les enfants ne sont pas toujours utilisés comme combattants : Ils peuvent être utilisés comme :

  • Porteurs dans les convois armés
  • Cuisiniers
  • Gardes du corps
  • Esclave sexuel des militaires

L’engagement qu’on peut définir comme « volontaire » est souvent le moins pire des choix. En effet, comme le dit Birahima dans « Allah n’est pas obligé », « on devient enfant-soldat comme ça on bouffe tous les jours ». En fuite, famille massacrée, extrême pauvreté …amènent les enfants à s’engager. Est-ce un vrai choix ?????

L’engagement pour des raisons politiques, religieuses existe aussi. L’endoctrinement des jeunes gens pour une cause politique ou religieuse est aisé. Dans un monde où règne l’injustice et l’inégalité il n’est pas difficile de convaincre des enfants et des jeunes de suivre un groupe qui déclare avoir d’excellentes intentions et qui parfois les mène à la mort : des enfants sont utilisés comme combattants de première ligne ou comme kamikazes.

Comme l’ont dénoncé plusieurs rapports, la circulation de plus en plus importante d’armes légères (500 millions d’armes légères en circulation dans le monde) facilite l’utilisation des enfants.

La prolifération et l’accès à des armes légères (et peu chères) sont des facteurs qui contribuent fortement à l’utilisation d’enfants-soldats. Leur efficacité dans les combats armés, en raison de leur capacité à utiliser des armes, rend encore plus attrayante leur utilisation.

LES ENFANTS EN SITUATION DE VIOLENCE ARMEE ORGANISEE :

Le COAV, sigle anglais pour désigner les Enfants en Violence Armée Organisée : visiter le site de l’ONG Viva Rio (Brésil) : www.vivario.org.br

En Colombie, dans la République de l’Equateur, Au Brésil, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, des jeunes et des enfants impliqués dans des gangs.

Bandit, criminel ou victime ?

Ces enfants qu’on retrouve aux Philippines, au Brésil, en Colombie, en Afrique du Sud etc. ne sont pas dénommés enfants-soldats car leur pays n’est pas officiellement en guerre. Cependant ils entretiennent de nombreuses similitudes avec les enfants-soldats (ex : Les enfants des factions sont payés en argent pour leurs services. Les enfants-soldats peuvent être payés en argent, avec le fruit des pillages ou, dans le cas d’enfants enlevés, tout juste avec des aliments et la récompense de ne pas avoir été tués. Cependant, l’aspect comparable entre les deux groupes est qu’ils sont tous deux utilisés pour des services - payés ou forcés - à l’intérieur de groupes structurés dirigés par des adultes).

Pour plusieurs raisons leur assimilation aux enfants-soldats (notamment danger de les voir relever d’un jugement militaire et d’être dépossédé du statut de civil) n’est pas souhaitable mais il est de notre devoir de reconnaître leur existence dans une société profondément injuste où s’armer peut paraître dès le plus jeune âge un moyen de survie.

Malgré les similitudes, il serait donc problématique de les qualifier « d’enfants-soldats » car cela pourrait :

  • Légitimer l’usage de la force de l’Etat contre eux, ce qui ne semble pas être une stratégie constructive pour traiter le problème ;
  • Avoir de sérieuses conséquences sur le mode dont ils seraient traités par une société qui possède un système judiciaire, encore en fonctionnement, pour les jeunes. L’acceptation de la définition d’enfant-soldat entrainerait des implications quant a leur situation légale lors de leur incarcération. Ainsi, un « enfant-soldat » devrait-il être jugé par un Tribunal Militaire et subir des punitions militaires ou subir les punitions prévues dans le Statut de l’Enfant et de l’Adolescent (de 1991) ?
    Définir les enfants employés par les factions comme « enfants-soldats » ne reflète pas la réalité particulière de la Violence Armée Organisée et est contre-productif quand on pense aux stratégies et programmes destinés à les aider. Ainsi, il y a des problèmes et de graves dangers à les mettre dans la catégorie des « enfants-soldats » et, par conséquent, à les considérer non civils.

Une traduction partielle (70%) du livre de l’ONG Viva Rio : « As crianças do trafico » (rédaction : Luke Dowdney) a été réalisée par Patrick Schmitt : veuillez entrer en contact avec lui pour l’obtenir : patrischmi@yahoo.fr

NOUVELLE GUERRE (GUERRE DE IV° GENERATION)

On ne peut aborder le problème des enfants-soldats sans aborder le problème de l’évolution du type de guerre que connaît notre planète. De nombreux analystes militaires s’accordent à dire qu’est apparu ces dernières années une guerre de « quatrième génération ». Elle succède à celle de troisième génération, conceptuellement développée par l’offensive allemande au printemps de 1918.

Cette nouvelle guerre ou guerre de quatrième génération a les particularités suivantes :

REHABILITATION/REINSERTION DES ENFANTS-SOLDATS :

« Le temps guérit bien des blessures » : extrait du livre de China Keitetsi

Très bien démontré par Méné, apprenti chauffeur, pour l’amour d’une jeune fille, pour se valoriser aux yeux de tous, s’engage à 16, 17 ans (il paie une somme d’argent pour être accepté dans une bande armée). Il va apprendre à ses dépens ce qu’est la guerre et va payer très cher sa volonté de porter un joli uniforme. Après deux à trois années, dans son village natal qui a été dévasté par la guerre, les rares survivants pensent que Méné est mort. Il ne peut revenir et réintégrer son village.

De nombreux projets existent, visant à démobiliser puis réhabiliter et réinsérer les enfants-soldats. Nous vous recommandons de visiter les sites que nous recommandons (chapitre " liens ") pour en savoir plus.