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Maître Puntila et son Valet Matti 

Création 2018

De quoi parle la pièce

Ce qui est encore pire, c’est que pendant ces accès de sobriété totale, insensée, je tombe carrément au niveau de la bête. A ce moment-là je n’ai plus la moindre inhibition. Ce que je fais dans cet état, frère, on ne peut vraiment pas le porter à mon compte. Pas si on a un cœur dans la poitrine et si on n’oublie pas de se dire que je suis malade. Je suis alors pleinement responsable de mes actes. Tu sais ce que ça signifie, frère, responsable de ses actes ? Un homme responsable de ses actes est un homme de qui on peut tout craindre.

Quelques extraits de la pièce

Scène : 1

Puntila : Maitre d’hôtel, depuis combien de temps sommes-nous ici ?

Le maître d’hôtel : Deux jours, monsieur Puntila.

Puntila : (au juge sur un ton plein de reproche) Deux petits jours, tu entends ! Et déjà tu flanches et tu simules la fatigue. Quand je veux te parler un peu de moi devant un aquavit et te dire à quel point je me sens délaissé et ce que je pense du parlement ! Mais voilà, vous vous écroulez tous au moindre effort, car l’esprit est prompt, mais la chair est faible. Où est le docteur qui hier défiait le monde de se mesurer avec lui ?

(Le maître d’hôtel sort pendant que Matti le chauffeur entre)

Matti : Bonjour monsieur Puntila !

Puntila : Vous êtes qui ?

Matti : Je suis votre chauffeur, monsieur Puntila.

Puntila : (méfiant) Qu’est-ce que tu es ? Répète.

Matti : Je suis votre chauffeur.

Puntila : Tout le monde peut dire ça. Je ne te connais pas.

Matti : Peut-être ne m’avez-vous jamais bien regardé, ça fait seulement cinq Semaines que je suis chez vous.

Puntila : Et maintenant d’où viens-tu ?

Matti : De dehors. J’attends depuis deux jours dans la voiture.

Puntila : Dans quelle voiture ?

Matti : Dans la voiture. Dans la studebaker.

Puntila : Ca me parait drôle. Tu peux le prouver ?

Scène 2 : L’association des fiancées de monsieur Puntila

(La cour du domaine de puntila. C’est dimanche matin, sur la loggia de la maison domaniale, Puntila se querelle avec sa fille Eva tout en se rasant).

Puntila : Tu épouses l’attaché, un point c’est tout. Sans ça je ne te donne pas un pfennig. Je suis responsable de ton avenir.

Eva : L’autre jour tu as dit que je ne devais pas me marier avec quelqu’un qui n’est un homme. Que je devais prendre celui que j’aime.

Puntila : Je dis bien des choses quand j’ai bu un verre au-delà de ma soif. Et je n’aime pas quand tu chicanes sur le sens de mes paroles. Et si je te pince encore une fois avec le chauffeur, je te ferai voir…..

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