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Initiation en milieu Diola

Résumé

Dans la société diola, l’école du bois sacré est un passage obligé pour tout jeune (villageois ou résident en ville) qui aspire jouer sa partition dans la communauté. C’est le cas de la génération d’Ange et Amay qui vont faire face à ce défi initiatique pour franchir la case de l’homme et affirmer leur identité diola.

Synopsis

En Casamance au sud du Sénégal, l’initiation ou l’école du bois sacré, constitue le soubassement de l’éducation des jeunes dans la société traditionnelle diola. Cette cérémonie est en quelque sorte la passerelle qui permet de transmettre les valeurs de la culture diola à la future génération appelée à diriger la communauté.Cette année c’est au tour des villages de Kouba, Kassel, Tandième, de la célébrer trente ans après leur dernière initiation. En effet dès l’annonce de cette cérémonie prévue dans 6 mois, les populations des villages concernés préparent activement cette cérémonie à la fois traditionnelle et sacrée. A Ziguinchor qui se trouve être le chef-lieu de la région, les ressortissants de ces villages ne sont pas en reste. Ange Sambou, jeune futur initié qui va affronter avec ceux de sa génération l’épreuve initiatique, comme la plus part des jeunes, navigue entre école moderne et école traditionnelle. Il va passer son baccalauréat juste avant d’entrer dans le bois sacré. Ainsi quelques jours avant l’épreuve fatidique, des milliers d’individus ruent vers leurs villages natals pour prendre part à cette étape décisive dans la vie d’un jeune garçon. Ange, à l’instar de ses promotionnaires, quitte la ville de Ziguinchor où il étudie pour aller franchir la case de l’homme dans son village d’origine qui est Kouba. Avant d’arriver dans ce village, nous assistons à la cérémonie de rasage du village de Kassel. Le rasage est une étape capitale dans le processus du déroulement de l’initiation. C’est en quelque sorte la dernière étape avant l’entrée au bois sacré. Arrivé à Kouba, nous nous précipitons pour retrouver notre ami Ange SAMBOU. Mais c’est peine perdu, il est rentré dans le bois sacré la veille. Comme par miracle nous rencontrons son cousin Amay Sambou futur initié métisse de mère Allemande et de père sénégalais, venu exprès d’Allemagne pour passer cette épreuve en compagnie de ses parents. Lui qui est né et grandi en Europe comment va-t-il trouver ses repères dans un univers traditionnel complètement différent de la réalité de son pays de résidence. Amay se prépare pour entrer dans le bois sacré en compagnie des milliers d’autres jeunes de sa génération. Bientôt ils vont franchir cette étape importante de leur vie pour devenir de vrais hommes et affirmer leur identité diola. Tous les jeunes futurs initiés regroupés à la place publique près de la grande mosquée, vont recevoir les prières des fidèles des différentes religions. Il s’agit bien sûr des animistes, des chrétiens mais aussi des musulmans. Même si l’initiation est un rite quasiment animiste, il n’en demeure pas moins que ceux qui la pratiquent sont de confession chrétienne ou musulmane. Vers les années 60 plusieurs villages avaient abandonné la pratique initiatique sous prétexte que c’était interdit par la religion chrétienne. 30 ans après, voilà tous ces villages de retour dans cette école du bois sacré. Après deux à 3 km de marche, les femmes sont sommées de s’arrêter. C’est la limite, elles n’ont plus le droit de continuer. Cette séparation entre les hommes et les femmes est un moment intense caractérisé par une forte expression émotionnelle. Pendant que les hommes manifestent leur joie, les filles elles, pleurent leurs frères qui ignorent complètement ce qui les attend dans le bois sacré. Après deux semaines de retraite dans le bois sacré pour les uns et 3 pour les autres, les voilà de retour au village. Les dieux des animistes, des chrétiens et des musulmans ont exaucé les prières des fidèles. Habillé en boubou neuf, les voilà accueilli en héros au village avec des tam-tams. C’est un honneur et une grande fierté pour les parents de voir ces jeunes revenir au village. Une nouvelle page vient de se tourner. Désormais les nouveaux initiés devenus adultes vont faire face aux nouveaux défit de ce monde contemporain. Ils sont maintenant aptes à prendre femme et fonder leur famille. Le jeune sénégalo allemand Amay, au même titre que ses frères de génération est accueilli par ses parents surtout sa mère qui ne cesse de s’interroger sur cette épreuve que vient de subir son fils. Maintenant c’est la fête au village caractérisée par de nouvelles danses spécifiques différentes de celle déjà vécues par les jeunes avant l’entrée au bois sacré. Aujourd’hui l’expérience qu’Amay vient de vivre, mérite d’être partagée par d’autres jeunes de son âge qui sont à la quêtes de repaire, surtout dans un monde globalisé où la question de l’identité ne cesse de susciter le débat.

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